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Nombre de messages: 326 Age: 32 Date d'inscription: 09/01/2009
 | Sujet: Équipement des villes sans bidonvilles Dim 13 Sep - 14:37 | |
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Équipement des villes sans bidonvilles
Publié le : 11.09.2009 | 14h54 L'éradication des bidonvilles et le relogement des bidonvillois ne sont pas de simples opérations, bien au contraire. Les difficultés de toute nature liées aux listes des attributaires, à la programmation, au déménagement sont immenses et font souvent appel à la force publique. Au fur et à mesure de l'évolution des réalisations, une chose est sûre: l'insertion par l'habitat n'est pas suffisante, elle ne constitue qu'une dimension du processus d'intégration des ménages dans une ville comme l'a souligné à plusieurs reprises Taoufiq Hjira, ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement de l'espace.
La réflexion engagée sur le concept de maîtrise d'ouvrage social par le ministère montre la complexité de la gestion des opérations de relogement qui, pour réussir devraient aller en pair avec des contrats d'accompagnement social qui visent à une meilleure insertion des ménages dans leur nouvel environnement. En d'autres termes, cette réflexion vise à répondre à des questions clés: une fois le transfert du bidonvillois effectué, qu'en est-il du problème d'emploi, de revenus, de scolarisation, de pratique de sport, de santé, tous ces éléments qui visent à l'équilibre des personnes et à leur accès à la citoyenneté? Cette problématique a été récemment au centre des différentes interventions des ministres de l'Habitat, de l'Education, du Sport et du gouverneur de Témara et du président de conseil de la ville qui ont précédé l'inauguration des équipements sociaux du projet d'Enassr qui peut être à juste titre considéré comme un cas d'école.
Tous ont souligné l'idée fondamentale de partenariat et de travail collectif dans la réussite des projets. Le projet Annasr qui peut être présenté comme un cas d'école a été monté et conçu en partenariat avec le ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement de l'espace, le ministère des Finances, celui de l'Intérieur, la préfecture de Témara, le Conseil de la ville de Témara et Dyar Al Mansour/Groupe CDG-DEV. Dyar Al Mansour est chargé du montage, de la réalisation et de l'accompagnement social du projet. Cinq conventions ont été signées au cours de cette rencontre.
La première concerne l'avenant à la convention de base du projet Annasr pour y inclure la réalisation des équipements socio-éducatifs nécessaires à la vie des citoyens habitant ce quartier. La seconde concerne l'enseignement et comprend la réalisation d'écoles primaires, la réalisation d'un collège et la réalisation d'une extension de collège pour l'ériger en lycée. La troisième convention est relative à la remise de la piscine à la société d'économie mixte de Temara pour assurer son exploitation et sa maintenance. La quatrième concerne la réalisation d'un établissement préscolaire et la dernière concerne la gestion et l'exploitation de cet équipement; la réalisation de l'ensemble de ces équipements et leur financement ont été assurés par la société Dyar Al Mansour. La réussite de tous ces projets est en fait le résultat d'un excellent partenariat et d'un travail collectif fondé sur l'esprit de responsabilité des acteurs pour un bon accès à la citoyenneté de tous les habitants .
Maîtrise d'ouvrage sociale
Dans le vaste programme de villes sans bidonvilles, le nouvel enjeu urbain ne consiste pas seulement à résorber les bidonvilles mais à accompagner les réalisations de projets sociaux : écoles, centres de sport, centres de santé, transport... L'insertion par l'habitat est importante, mais n'est pas suffisante car les villes dortoirs n'ont aucune perspective comme le soulignait le Souverain dans son discours d'Agadir: «Il ne s'agit pas uniquement d'avoir des villes sans bidonvilles, ni d'y substituer des blocs de béton sans âme, réfractaires à toute sociabilité. Il y a nécessité d'ériger nos cités en espaces propices à la vie en bonne intelligence, dans la convivialité et la dignité».
Pour cela l'accompagnement social des populations en termes de réduction de la pauvreté, de disponibilité de transports est nécessaire. Dans de tels environnements, les conflits sont nombreux exacerbés par la pauvreté et le manque de moyens. La maîtrise d'ouvrage sociale n'est pas facile et nécessite d'expérimenter de nouvelles approches, de nouveaux partenariats et de nouvelles relations avec les différents acteurs. Au-delà de l'aspect technique des projets, l'approche est plus humaine fondée sur la proximité , la participation des ménages, la confiance, la transparence.
Elle nécessite une formation solide des différents opérateurs mais surtout un changement d'attitude qui met en avant l'accès à la citoyenneté des habitants et qui explique cette joie indicible des enfants de Temara sautant et nageant dans la piscine semi-olympique chauffée aux normes écologiques, à l'énergie solaire.
Par Farida Moha | LE MATIN |
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